"Le Boël", médecin germanois

" On ne disait jamais le Docteur Boël, on disait "le Boël". On disait "le Docteur Durantet", "le Docteur Briéry"… mais on disait "le Boël", surtout à la campagne… "

Extrait de naissance du père du Docteur Albert Boël : "...est comparu Jean Boël… vigneron du lieu de Baffy, commune de St Germain… nous a déclaré que Jeanne Mignery âgé de trente-cinq ans sa femme est accouchée ce matin… dans son domicile d'un garçon auquel il donne le prénom de Jean-Claude…" Albert Boël était né à Lyon (1er) le 6 octobre 1867, mais son père, Jean-Claude, qui avait été professeur de lycée, était originaire de Baffy où il était né le 5 avril 1816, de parents vignerons, Jean et Jeanne (née Mignéry).
Le père d'Albert à la retraite retrouvait, avec son épouse Marie-Louise (née Peiron), la maison natale, rejoignant ainsi le fils après son établissement à St-Germain, dans les années 1896-97. Le Docteur Boël allait perdre, quelques années après, le 3 juillet 1906, ses deux parents dans l'incendie de cette maison de Baffy (située à droite en venant de St-Germain, après la maison de Joseph Tournaire, l'emplacement est actuellement occupé par un hangar) (1).
Peu de temps après leur installation à St-Germain, près de la Mairie, Albert Boël et sa femme Adélaïde (née Rambaud) avait une petite fille, Adélaïde Jeanne Marie Marguerite, le 18 juillet 1897 ; elle devait décéder quatre ans plus tard, le 3 octobre 1901. Leur fils, Attale (mort à Roanne en 1989), naissait le 10 avril 1903.

Près de la Maison Renaissance dont on aperçoit la tour blanche, la maison où le Docteur Albert Boël s'installa en 1897 et vécut jusqu'à sa mort en 1945.

Albert Boël sera à nouveau éprouvé familialement par le départ de son épouse, disparue à 43 ans à la suite de la grippe espagnole, le 18 novembre 1918. La guerre de 14-18, à laquelle il avait participé venait de prendre fin. La "Toinette Pronchery" (voir témoignages) prit soin de lui, comme "bonne", tout le reste de sa vie.
Délibération du 8/4/1945 :
"Sur proposition de M. BERNARD Benoît, conseiller municipal, ancien maire de St-Germain-Laval, M. le Maire expose les raisons pour lesquelles il y a lieu de donner le nom du Docteur Boël à une des rues de la Commune.
"Considérant que M. Boël, ancien président du Conseil Général, ancien adjoint au Maire et ancien Conseiller Municipal a rempli consciencieusement les divers mandats avec dévouement et impartialité et qu'il a fait preuve de civisme en toutes circonstances,
"Considérant que le Docteur Boël a exercé sa profession d'une façon exemplaire prodiguant ses soins dévoués et souvent désintéressés à tous les malades, sans distinction, qui faisaient appel à lui, "Ouï l'exposé du Maire,
"Le Conseil Municipal, afin de perpétuer la mémoire du Dr Boël et à titre de reconnaissance, décide de donner le nom du Dr Boël à la rue appelée actuellement : Rue de l'Hôtel de Ville.
"Un crédit de 1000 F, pour achat et pose d'une plaque émaillée, sera inscrit au budget additionnel de 1945." (Délibération du 8 avril 1945)

Albert Boël avait été élu Conseiller Municipal en mai 1900 et siégea jusqu'en 1929, puis entre 1935 et 1944 où il fut déclaré "Conseiller Municipal honoraire" par le Conseil Municipal de la Libération (17 septembre 1944) ; il avait été premier adjoint entre janvier 1914 et 1929, dans les Municipalités dirigées par André Rajat (1914-1923) , puis Benoît Bernard (1923-1942) (2). Il fut également Conseiller d'Arrondissement (3) entre 1904 et 1919, puis Conseiller Général entre 1919 et 1940, succédant à Pierre Bourganel ; il fut Vice-Président du Conseil Général de la Loire entre octobre 1934 et 1940 (4).

Attaché à l'École Publique et aux Sociétés de Secours Mutuels, le Docteur Boël fut "Délégué Cantonal de l'Instruction Publique", président de la "Société de Secours Mutuels Scolaire du Canton" ; il apportait également son soutien à la "Société de Secours Mutuels des Instituteurs et des Institutrices de la Loire". Le Docteur Albert Boël, qui avait continué d'exercer la médecine pendant la guerre de 1939-45, est décédé le 13 mars 1945 à son domicile, rue Gambetta. La Municipalité invitait la population à manifester sa reconnaissance (voir témoignage d'Antoinette Duivon) et, lors de la réunion qui suivait, le 8 avril 1945, le Conseil Municipal donnait, sur proposition de Benoît Bernard, le nom du Docteur Boël à la rue de l'Hôtel de Ville. Vingt ans plus tard, le 22 avril 1965, un vote donnait son nom à la rue Gambetta.

NOTES
(1) Nous reviendrons sur ce drame dans le prochain N° d'Aix-Echos.
(2) Par lettre du 7 juin 1942, Benoît Bernard envoie sa démission de maire, mais reste au Conseil Municipal ; sa démission est acceptée le 1er juillet par le préfet qui nomme, comme maire, Jean-Marie Guillot (séance du 9 août) ; ce dernier démissionnera le 10 décembre 1944.
(3) Il se présentait comme "républicain progressiste". A l'époque, la gauche et le centre gauche comprenaient les socialistes, les radicaux-socialistes (comme J.M. Lièvre et Benoît Bernard), les radicaux, les républicains de gauche et les républicains progressistes (comme Albert Boël et André Rajat) ; la droite se répartissait entre les ralliés (à la République), les nationalistes et les réactionnaires.
(4) Le Gouvernement Pétain dissout, le 13 octobre 1940, les Conseils Généraux élus et les remplace par des Commissions nommées dans chaque département.

Voir témoignages
Le drame de Baffy
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