Fours à chaux... sauvés et restaurés

St-Maurice-les-Châteauneuf (71)
La commune de St-Maurice-les-Châteauneuf est à mi-chemin entre Charlieu et La Clayette. Le four accessible aux touristes se situe à la sortie de St-Maurice, sur la route qui mène à Ligny et St-Christophe-en-Brionnais.

Après plus d'un demi-siècle, le four à chaux de St-Maurice est sorti de son sarcophage de ronces et de lierre grâce à la volonté de quelques passionnés, désireux de faire renaître une tranche de vie de leurs ancêtres.
L'histoire a commencé à la mi-novembre 2001, après que Lucien Larue, Georges Ginet, Georges Cornu et André Parot, ont rencontré Jean-Paul Tachon, propriétaire des lieux. Ce groupe composé en partie de retraités avait envie de faire renaître ce four, enfoui par la flore, mais en excellent état.
Le propriétaire, jugeant l'idée intéressante a alors donné son accord pour cet ouvrage important dont il n'avait pas le temps de s'occuper. C'est ainsi que jour après jour, la petite équipe a commencé à nettoyer les alentours, allant de découvertes en découvertes, pour un résultat aujourd'hui époustouflant. Plusieurs outils d'époque sont ressortis de la terre (fers à bœufs coins, burins); un wagonnet, destiné à transporter les pierres issues de la carrière en contrebas, a lui aussi été retrouvé et s'est avéré à peine grippé.


La cheminée de section carrée (120cm x120 cm ; hauteur : 15 m) est décalée par rapport à la gueule supérieure du four (4 m d'axe en axe) qu'on aperçoit derrière.


Le couvercle métallique (150 cm de diamètre) placé sur la gueule supérieure (120 cm). La liaison entre le four et la cheminée se fait par une galerie horizontale.

Les fondations ont été dégagées et le four, après nettoyage, remis en service avec succès. L'architecture de la réalisation est impressionnante, recherchée même (la façade mesure environ 10 m X 10 m).

Construit vers 1830, il utilisait les débris des blocs de calcaire taillés au fond de la carrière située en contrebas. 200 personnes étaient employées dans cette carrière, la commune recensant à l'époque 1850 habitants. Les chutes de la taille étaient alors empilées sur le wagonnet. Celui-ci était ensuite remonté jusqu'à la plate-forme située beaucoup plus haut que le four. Puis par le conduit au-dessus du brasier, on alternait les chutes de pierres et le coke (charbon) jusqu'en haut, pour obtenir la chaux, qui, paraît-il, était d'une qualité exceptionnelle. On remarque que la cheminée, que l'on pouvait imaginer en continuité du brasier, est en fait décalée sur le côté de la construction.


Le wagonnet, tiret par un treuil, roulait sur des rails fortement inclinés ; les chute de la taille du calcaire étaient chargées sur sa plate-forme horizontale.
Le four aurait été en activité jusqu'en 1936, ses derniers exploitants ayant été la famille Saint-Martin. avant un rachat par la famille Tachon en 1933, après la faillite de l'établissement.

Hauteur de la galerie de tirage : 1 m ; largeur : 0,50 m
Témoignage sur le livre d'or :
"Merci à ceux qui ont eu l'idée de rénover ce four.
"Il y a 70 ans, je passais mes vacances en juillet et août dans la maison familiale des MARS et je venais avec mes cousins tous les matins apporter sa gamelle de soupe à mon grand-père, Monsieur Pierre-Marie MARS. Celui-ci travaillait à l'extraction des blocs de pierre qui servaient aux réputés tailleurs de pierre dont ses propres fils. Les résidus étaient utilisés dans ce four.
"Quel souvenir et encore merci." (Georges AUROUX, août 2002)

Vue d'ensemble du four
Sur la commune riche en carrières, il existait six fours à chaux et à tuiles.
Un autre four à chaux (propriété privée) a une particularité : une galerie longue de plus de 20 m relie le four à la cheminée (déportée elle aussi) ; il avait été prévu que la maison d'habitation construite au-dessus de cette galerie fut chauffée à partir de la chaleur émise par le four à chaux.
Vendenesse-lès-Charolles (71)
Situés dans la vallée de la Semence, sur la commune de Vendenesse-lès-Charolles (Saône-et-Loire), à quelques kilomètres de Charolles, en plein cœur du Charolais, quatre grands fours à chaux se dressaient majestueusement dans la campagne. Ils avaient été construits, entre 1879 et 1881, par la Cie des Fours à Chaux des Dombes, une société lyonnaise qui avait trouvé là l'endroit idéal pour transformer le calcaire des carrières en chaux à bâtir et à engraisser les prairies. Ils ont bénéficié de la présence d'un important gisement de calcaire, de la construction de la ligne de chemin de fer entre CHAROLLES et MÂCON.

L'état des trois fours,
il y a quelques années.
Traversant le site, le chemin de fer menait à Charolles, d'où l'on pouvait rejoindre Monceau-les-Mines, puis Lyon, où la marchandise était vendue. A l'origine, les quatre fours fonctionnaient par paire. Il n'en reste plus que trois aujourd'hui. Le bois de chauffage était préparé à leur base. Enfournés par le haut par couches successives, le calcaire et le charbon cuisaient pendant environ 24 heures à 900°C, voire à 1 100°C. Une fois cuit, le calcaire était retiré par le bas, au niveau du foyer. La production, organisée sur deux campagnes de quatre mois chacune, étaient d'environ 1 000 tonnes de chaux grasse.
Revendus dès 1888 à Gaspard Duverne, avant d'entrer dans la famille Merle en 1934, ces fours ont fonctionné jusqu'en 1962.
Livrées à l'abandon depuis, l'une des cheminées s'était effondrée et les deux autres menaçaient. Les parties métalliques rouillaient et le monte-charge résistait mal aux intempéries. La majeure partie des outils de production avait disparu.

Les fours après restauration, tels qu'on peut les voir et les visiter aujourd'hui.
L'intérêt historique de ces fours réside dans leur conception (c'est le seul exemple de fours à cheminées en briques encore existant), et dans leur localisation dans un environnement rural.
Identiques aux fours à chaux de Bourg-en-Bresse et de Montluçon, ils sont remarquables par leurs cheminées
Exemple rare de patrimoine industriel, ils participent à la connaissance ethnologique du monde des chaufourniers.
Ils viennent d'être restaurés et réhabilités dans le cadre d'opérations d'insertion (entre 1999 et 2001, 16 RMIstes ou demandeurs d'emplois de longue durée ont été embauchés et formés pour participer à ce projet) avec les concours financiers suivants : Fonds Social Européen, Direction Départementale du Travail de l'Emploi et de la Formation Professionnelle, Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne, Conseil Général de Saône et Loire, Conseil Régionale de Bourgogne, Commune de Vendenesse-lès-Charolles, Mutualité Sociale Agricole.
Cet élément essentiel du patrimoine industriel de la région est aussi devenu un lieu d'échange international, une plate-forme de formation, un espace pédagogique et touristique, un outil au service du développement local.
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