"Porto Alegre, troisième (suite) "

Le Forum Social Mondial (du 23 au 28 janvier) a été précédé, entre le 19 et le 22, par le Forum Mondial de l'Education, par le Forum Syndical, par le Forum des Autorités Locales (réunissant maires et représentants de Communes des cinq continents), par le Forum des Parlementaires. Parallèlement au FSM, était organisé, du 23 au 28, le 2e Forum Mondial Junior rassemblant des milliers d'enfants dans des ateliers et activités axés sur la Charte de la terre, document élaboré en 1992 pour améliorer la qualité de la vie sur terre au travers de l'éducation environnementale et du respect des valeurs humaines fondamentales."
Le jeudi 23 après-midi, Marche d'ouverture qui, après avoir traversé la ville du nord au sud, a abouti à l'Anfiteatro Por do Sol : plus de 100 000 participants.
Tous les soirs, entre 19h30 et 22h, notre groupe se retrouvait pour échanger sur la journée, faire part pour le lendemain des rencontres repérées par l'un ou l'autre, et surtout écouter des témoins (Brésiliens, Russes, Libanais, Mexicains, Français… voir plus haut) et dialoguer avec eux.
Le vendredi 24 en fin de journée (18h), c'était à nouveau le rendez-vous pour accueillir Lula et la quasi totalité de son gouvernement : "A Davos, je leur dirai qu'il est impossible de poursuivre un ordre économique mondial où des peuples peuvent manger cinq fois par jour et où d'autres ne mangent pas une fois en cinq jours… La pauvreté est la faute des pays riches, mais aussi des élites des pays du Sud qui ont spolié leur propre pays."
Du vendredi au lundi, ça a été les multiples contacts, découvertes, témoignages au cours des tables de dialogues, séminaires, conférences, et aussi dans les allées de la PUC, devant les stands associatifs du Gigantinho, lors de visites d'expositions au Gasometro (sur les paysans sans terre, sur une favela…), et bien sûr au cours de la marche d'ouverture, de déplacement à pied ou en bus.

Chiko Whitaker, l'un des initiateurs
du Forum Social Mondial à Porto Alegre

Racheal, Indienne

Quelques-unes des nombreuses Associations et O.N.G. participantes :
Parmi les nombreuses organisations brésiliennes :
C.M.P. (Centre des Mouvements Populaires) - C.U.T. (Centrale Unique des Travailleurs) - Confédération des Femmes du Brésil - Mouvement de Résistance Indienne (M.R.I.) - Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre (M.S.T.)
Parmi les associations internationales ou françaises :
AC ! (Agir contre le chômage) - Agir Ici (pour un monde solidaire) - Alliance pour un Monde responsable, pluriel et solidaire - Amis de la Vie - Amnesty International - Artisans du Monde - Assemblée Européenne des Citoyens - ATTAC - CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) - CEDETIM - Citoyens du Monde - Confédération paysanne - CRID (Centre de Recherche et d'Information sur le Développement) (1) - DIAL (Diffusion de l'Information sur l'Amérique Latine) - Fédération Internationales des Ligues de Droits de l'Homme - Fédération Mondiale de la Jeunesse Démocratique - Forum Mondial des Alternatives - Greenpeace
Human Rights Watch - Médecins du Monde - Mouvement Fédéraliste Mondial - Mouvement Emmaüs - Peuples Solidaires - Secours Catholique - Solidarités nouvelles face au chômage - Solagral - Survie - Terre des Hommes International - UNESCO - Une autre économie pour une autre terre - Via Campesina -
et aussi les grandes organisations syndicales des différents pays, elles ont notamment participé au Forum Syndical Mondial qui a précédé le Forum Social.
(1) Le CRID rassemble 46 Associations de Solidarité Internationale française : 7 500 groupes locaux rassemblant 180 000 bénévoles en lien avec 1 500 associations-partenaires des pays du Sud et de l'Europe de l'Est. Parmi les associations françaises : CCFD, CIMADE, Artisans du Monde, Frères des Hommes, Max Havelar, Peuples Solidaires, Secours Populaire Français, SOLAGRAL, Accueil Paysan, Agir Ici, Aide et Action, Emmaüs International, Maisons Familiales Rurales, Secours Catholique, Terre des Hommes…

Les chiffres officiels du Forum Social Mondial 2003 :
Plus de 100 000 participants
20 763 délégués représentant 5 717 organisations et 156 pays (plus de 1000 pour la France, 1800 pour les USA…)
4 094 journalistes de 1 423 médias (plus que pour la Coupe du Monde de Foot)
153 journalistes français de 74 journaux, télés ou radios.
1 286 ateliers ont été tenus regroupant entre 50 et 100 participants
80 conférences (300 intervenants) rassemblant chacune plusieurs milliers de personnes
L'organisation s'est appuyée sur le travail de 650 bénévoles
Le campement de la jeunesse a accueilli environ 25 000 personnes.
D'un Forum à l'autre, les chiffres ont plus que doublé : 20 000 participants en 2001, 50 000 en 2002, et plus de 100 000 en 2003.
Et pour assurer "l'ordre et la sécurité", ici et là, quelques policiers à cheval, détendus, bon enfant, dans cette ville "envahie" par la chaleur et l'enthousiasme de rencontres plurielles et pacifiques.
Quant à la propreté des lieux, des rues… étonnant, du début à la fin… résultat du souci pour tous (responsables municipaux, animateurs et participants au forum) de respecter l'environnement.
Impressions
Mon pays, c'est le monde
"Je suis venu ici pour entrer dans une histoire, celle d'un mouvement qui refuse la mondialisation libérale. Et je suis reparti en ayant conscience que j'appartenais aussi à une géographie. Mon pays, c'est le monde." (François P.)
Une dynamique qui grossit à l'infini
"Je reviens de Porto Alegre avec la sensation d'être au cœur d'un vaste mouvement planétaire naissant, avec beaucoup de jeunes de mon âge (26 ans) qui se mobilisent. Cent mille personnes, ce n'est pas grand-chose à l'échelle de la planète. Mais c'est un mouvement qui a une dynamique, qui grossit à l'infini, qui invite à s'engager là où on est." (Aude F.)
La vitalité des Brésiliens
"On ne revient jamais de Porto Alegre tout à fait comme on est parti. L'an dernier, ce fut pour moi l'extraordinaire découverte de la société civile ; cette année, la formidable vitalité des Brésiliens et leur folle espérance en un monde nouveau, concrétisée par l'élection de Lula à la tête de leur pays. Mais Porto-Alegre reste Porto-Alegre : une ambiance de fête citoyenne toujours présente, un bouillonnement d'idées, des rencontres par dizaines de personnes anonymes, riches de leurs expériences et de leurs espoirs, mais aussi des acteurs latino-américains du développement, des défenseurs des sans-terre et des Indiens… un véritable carrefour de cette fraternité humaine renouvelée." (Jacques M.)

Lors de la Marche d'Ouverture du 3e FSM
Un accueil, des rencontres chaleureux
"J'ai été frappé par cet accueil chaleureux dans les rues, dans les bus, sur les sites du Forum ou dans cette favela de la banlieue de Porto Alegre : nous étions allés visiter un Centre qui accueille enfants et jeunes… Là aussi rencontres chaleureuses avec les responsables de ce Centre, les enfants qui le fréquentent ou les habitants du quartier dont nous avons parcouru les rues, guidés par enfants et animateurs du Centre." (Marcel R.)
Visage de femmes
"En venant au Forum social mondial de Porto Alegre, deux mots dans ma tête : mondialisation et pauvreté. En repartant, toujours les mêmes, enrichis d'autres : émerveillement et indignation, bouillonnement, tendresse et dignité. Longtemps, je garderai dans la tête et dans le cœur, comme un vivant symbole, le visage de ces deux femmes africaines du Mali et d'Afrique du Sud témoignant dans l'atelier, de la marche mondiale des femmes, de leurs luttes autant que de leurs espoirs. Puissent vos voix de femmes pour la paix résonner, illuminer notre monde à construire." (Chantal J.)
Une ambiance formidable
"C'est l'ambiance sud-américaine qui a été l'élément le plus frappant pour moi, dans ce forum. Avec ses fêtes et ses meetings, ce pays si coloré et si mélangé donne le ton d'un monde diversifié qui communie dans une sorte de ferveur pragmatique… J'ai apprécié aussi la réflexion des ateliers et séminaires…" (Robert H.)
Antimondialisation ? non… Altermondialisation
"On m'avait parlé d'antimondialisation et d'altermondialisation. Je n'ai vu à Porto-Alegre que des 'alter', des artisans d'un autre monde à construire. Et maintenant, de retour en France, qu'est-ce qu'on fait ? Au travail !" (Loïc R.)

Rencontrés lors de la Marche,
ce Chilien et sa petite fille.
Pour eux :
"Allende, toujours vivant !"
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