Revenus et baisse des impôts

Rappels
De 1999 à 2003, le taux de l'impôt devait baisser de 3,5 points pour les deux premières tranches, de 2,5 pour les deux tranches suivantes et de 1,5 pour les deux tranches supérieures à 36 580 euros (240 000F en 1999).
Voir tableau ci-dessous et "Aix-Echos" n° 44, printemps 2000.

Baisses des taux d'imposition entre 1999 et 2003
prévues par le gouvernement Jospin :

Revenus et augmentations indécents


(Sources : Services du Premier Ministre et Argus des salaires, Nouvel Obs du 12/09/02)

Pour les entreprises, il s'agit de salaires moyens qui peuvent atteindre 354 547 € pour un PDG et 283 176 € pour un Directeur général, ce qui représente dans un cas 30 fois le SMIC et 24 fois dans l'autre ! ! !
Sans oublier les vedettes de la télé, du cinéma, de la musique ou du sport… "Tel footballeur de l'Olympique Lyonnais, à 100 000 € par mois, gagne à lui seul 30 fois plus qu'un chirurgien, 100 fois plus qu'une infirmière" (France Inter, 30/09/02).
Les pauvres, ils paient trop d'impôt sur le revenu, nous assurent messieurs Raffarin et Mer ! ! !
Rappelons que Francis MER, ministre de l'Economie, était un dirigeant du MEDEF aux côtés du baron Ernest-Antoine Seillière.


Ces pourcentages, s'appliquant sur le revenu, entraînaient une réduction d'impôt plus substantielle pour les revenus modestes. Faire passer le taux de 10,5 % à 7 % correspond en effet à 33 % de réduction de l'impôt (voir exemple).
Les hauts revenus bénéficiaient d'une réduction moindre en pourcentage (2,8 % pour la plus haute tranche), mais tout de même importante en valeur absolue. Rappelons que ces hauts-revenus, comme les autres, ne paient pas d'impôt sur la tranche 0 (jusqu'à 4 121 € la part, en 2002), puis 7,5 % sur la tranche 1 (entre 4 121 et 8 104 € la part), etc. Les bas revenus dispensés de l'impôt se voyaient attribuer une "prime pour l'emploi", malgré l'opposition de droite qui avait, dans un premier temps, fait casser la décision par le Conseil Constitutionnel.
NB -A cette réduction d'impôt sur le revenu; le 1er avril 2000, s'ajoutait la baisse de 1 % sur la TVA, (à l'inverse augmentée de 2 %, 5 ans plus tôt, par le gouvernement Juppé).


Cabu, Le Canard, 07/08/02

Exemple, pour un revenu qui n'a pratiquement pas bougé d'une année sur l'autre (1,5 part, une partie en 1ère tranche, une autre en 2e tranche) :

Les diminutions de taux (1ère et 2e tranches), entre 1999 et 2000, entraînent une réduction d'impôt de 151 € … Entre 2001 et 2002, la remise de 154 € se décompose ainsi : 125 € au titre de la réduction des taux décidée en 1999 et 29 € au titre des 5 % de la "réduction Raffarin". Dans ce cas précis (il s'agit d'un de nos lecteurs), sans tenir compte de cette dernière mesure (ridicule pour les petits contribuables), entre 1999 et 2002, l'impôt payé passe de 776 € à 296 € (267+29), soit une réduction de 62 % (le relèvement annuel des plafonds des tranches ajouté à la stagnation du revenu accentue ici la baisse de l'impôt).

Le grand écart du budget de l'Elysée
(en millions d'euros)

Budget et dépenses de J. Chirac à l'Elysée...
Encore des mystères !...
(Pour 2003, inscrit dans le projet de budget)
.

Baisser l'impôt sur le revenu ?

On peut contester les baisses d'impôt sur le revenu ; en effet, celui-ci est un outil de réduction des inégalités criantes entre les revenus indécents de certains (voir encadré) et le grand nombre des autres revenus moyens, modestes ou misérables : diminuer cet impôt affaiblit cette lutte contre les inégalités. Cette remise en cause est d'autant plus révoltante lorsque le pourcentage de réduction est le même sur toutes les tranches (comme les "5 % Raffarin").
Une réduction de la TVA, qui touche tout le monde, permettrait une diminution de la pression fiscale moins injuste.

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