"Un autre monde est possible"
Johannesburg, Florence, Porto Alegre...
pour suivre le 3e FSM de Porto-Alegre (Reportage de participants du Canton)

A Johannesburg, au Sommet de la Terre : visibilité 0.
Johannesburg a réuni près de 50 000 personnes de 189 pays différents sur l'un des sujets les plus importants qui soit : celui du devenir de l'humanité à travers celui de la planète qui l'accueille. Si le choix des cinq grandes problématiques en questions lors de ce sommet de la Terre ( l'eau, l'énergie, la santé, l'alimentation et la protection des ressources naturelles) a fait l'unanimité, les réponses à y apporter sont restées des plus limitées.
Pouvait-il en être autrement compte tenu de l'inégalité des rapports de force en présence, des intérêts politiques et économiques en jeux ?
D'un côté, deux milliards de personnes qui n'ont pas accès à l'eau potable et vivent en dessous du seuil de pauvreté, de l'autre 20% de la population mondiale qui ont accès à 80% des ressources de la planète.
D'un côté, 55 pays qui émettent 55 % des gaz à effet de serre (voir encadré) dont 36,1 % pour les USA, de l'autre des pays en voie de développement cherchant à optimiser leur industries pour sortir de la pauvreté.
D'un côté 17 millions de personnes qui meurent par an de maladies infectieuses dont 90% au sud, de l'autre 82% du marché mondial de médicaments accaparés par le Nord.
D'un côté des subventions agricoles de l'ordre de 1 milliard de dollars par jour pour aider les exploitants du nord, de l'autre 54 milliards de dollars par an accordés aux pays pauvres.
Par delà les intérêts politiques et financiers des nations et des puissances économiques, une prise en considération de ces oppositions reste indispensable à une réelle harmonisation des enjeux de tous. En effet, trois types de problèmes cristallisent ces oppositions : l'un concerne les dangers liés au non respect de l'écologie de la planète, l'autre la suprématie du développement économique et le troisième, corollaire des précédents, les inégalités sociales.
L'équilibre écologique de la planète est concevable d'autant que l'homme maîtrise les conséquences de son développement et que ce développement est accessible à tous. C'est donc la conception de ce développement, son histoire, son évolution, ce qu'il a entraîné d'implications économiques et sociales qui est en cause. Et même si l'on parle aujourd'hui de " développement durable ", c'est à dire, selon la définition qui en a été donnée déjà à Rio en 1992, " un mode de développement qui répond aux besoins du présent tout en permettant aux générations futures de répondre aux leurs et qui intègre les composantes environnementales, économiques et sociales ", Johannesburg n'a pas résolu le problème du " comment y parvenir ", malgré les quelques 152 " recommandations " signées par 107 des pays représentés.
…Sans doute parce que ce " comment " ne dépend pas d'abord fondamentalement d'engagements financiers des plus riches vers les plus pauvres, mais plutôt et avant toute chose, de la refonte d'une conception du monde et de l'implication de l'homme dans son devenir, de tous les hommes dans leur devenir commun.

Opter pour un avenir plus vert
(Extrait de la plaquette de la Commission européenne, février 2002)

L'Union Européenne et l'environnement :
7 grands domaines d'action.
Le programme 2001-2010 de l'U.E. appelle à une intensification de l'action dans les domaines suivants :

° pollution de l'air
° recyclage des déchets
° gestion des ressources et nouvelles technologies
° protection des sols
° environnement urbain
° utilisation durable des pesticides
° environnement marin

Par ailleurs, l'U.E. va mettre en place une stratégie complète de lutte contre les risques pour la santé d'origine environnementale. Elle est principalement axée sur les groupes vulnérables tels que les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées. Elle préconise une intensification des travaux de recherche et de surveillance concernant les risques environnementaux et une amélioration des informations mises à la disposition du public…
L'U.E. s 'emploie aussi à promouvoir la coopération internationale afin de s'attaquer aux risques pour la santé d'origine environnementale dans les pays en développement et à l'impact négatif de la pauvreté sur la santé en général.

Le deuxième Forum Social Mondial de PORTO ALEGRE de janvier 2002 avait prévu de ce décentraliser pour élargir la lutte contre la mondialisation libérale et pour une mondialisation solidaire.
Ainsi s'est organisé le Forum Social Européen de FLORENCE : on attendait 15 à 20 000 participants... ils étaient 60 000... A la manifestation "pour la paix", ils étaient plus de 500 000 (contre les 100 à 200 000 prévus).
En janvier 2003, le troisième Forum Social Mondial s'enrichira donc des échanges, des témoignages, des luttes que les Forums des différents continents ou pays auront mis en valeur.
Des militants du Canton de St-GERMAIN-LAVAL y participeront (PORTO-ALEGRE, 22-28 janvier 2003) ; ils rendront compte dans AIX-ECHOS et sur ce site.

L'effet de serre en question (extrait n° 73 du magazine Naturellement)
Le climat de la planète est menacé par les modifications de l'effet de serre. En effet, en plus de la vapeur d'eau, le CO² produit par les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel), le méthane et d'autres gaz agissent pour piéger le rayonnement infrarouge émis par la terre vers l'espace. Cet effet de serre est au départ bénéfique car s'il n'existait pas la température moyenne de la planète serait de -18 °C au lieu de + 16°C . Mais du fait des activités humaines, la concentration de ces gaz dans l'atmosphère augmente et conduit à une augmentation de la température moyenne du globe : 0,6 °C environ depuis le début du siècle.
Le CO² compte pour plus des deux tiers dans les émissions de gaz à effet de serre : 20 milliards de tonnes de CO² par an sont émises dans le monde. Les océans en piègent une grande partie. Cependant sa concentration dans l'atmosphère ne cesse de croître : de l'ordre de 0,028% il y a cent cinquante ans, elle est aujourd'hui de 0,0367%.
La fonte d'une partie des glaces polaires et le réchauffement des océans pourraient entraîner une élévation du niveau des mers, que les hypothèses moyennes évaluent à 50 cm, menaçant 92 millions de personnes vivant dans les zones côtières. Selon certaines hypothèses, une perte de terres de 6% pour les Pays-Bas, 17% pour le Bangladesh serait à prévoir. En France, certaines régions côtières seraient affectées, notamment les espaces deltaïques.
Par ailleurs, les risques de disette alimentaire et de famine peuvent s'accroître dans certaines régions de la planète : Asie du Sud, de l'Est, régions tropicales d'Amérique latine. Les vagues de chaleur seront plus intenses et plus longues : on prévoit donc un accroissement consécutif des maladies cardio-vasulaires ; indirectement, un certain nombre de maladies se transmettront plus facilement (paludisme, dengue, fièvre jaune, encéphalites).
En outre, une augmentation est à prévoir dans la fréquence des événements climatiques extrêmes et la durée des grandes crues et des grandes sécheresses. Et l'arrêt du gulf-stream ?


Bellenger, L'Hebdo du 13/07/02

Cabu, Le Canard du 04/09/02
" Quand la vache du riche affame le monde "
(extrait du n° 7 de L'Ecologiste)
La consommation mondiale moyenne de viande a doublé ces cinquante dernières années. Or un régime carné nécessite de mobiliser une quantité importante de terres agricoles au détriment d'une production directe d'une alimentation végétale.
En effet, pour entretenir le cheptel, quel que soit le pays où l'on se trouve, il faut y consacrer des terres et des protéines végétales, dont au moins une part pourrait être directement utilisée pour les humains. 38% seulement des terres de la planète sont agricoles et un tiers à peine d'entre elles sont effectivement cultivées. Or pâturages plus terres cultivées pour la production d'aliments pour le bétail représentent ¾ des terres agricoles. Si la tendance montre la constante augmentation des animaux d'élevage, l'année 2050 verrait cohabiter 10 milliards d'humains avec 36 milliards de divers animaux d'élevage.
Il faut en moyenne 9 protéines d'origine végétale pour produire 1 protéine d'origine animale. Ainsi l'Europe utilise-t-elle déjà 7 fois sa superficie agricole en terres du Tiers Monde pour produire de quoi nourrir son bétail.
La population mondiale que la planète peut supporter dépend donc largement du régime alimentaire de ses habitants.
Revenus, impôts
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Germanois à Porto Alegre